- Huit milliards de DH seront investis d’ici 2011
- De janvier à mars, 3,5 millions de tonnes consommées
- Le Grand Casablanca confirme son statut de gros consommateur
Le ciment devient de plus en plus un produit chouchou. Les derniers chiffres de l’Association professionnelle des cimentiers (APC) le confirment. La consommation du premier trimestre 2008 a dépassé les 3,5 millions de tonnes, soit une hausse de 17,15% qui a été enregistrée par rapport à la même période de l’année dernière. En janvier, plus d’un million de tonnes de ciment ont été consommées contre 1,18 million en février et plus de 1,20 million de tonnes en mars. Une consommation qui va donc crescendo. Lorsqu’on compare les chiffres mensuels de 2008 et de 2007, il ressort que c’est janvier qui a enregistré la plus forte hausse, soit 36,7%. Les mois de mars, comparés, donnent une variation qui dépasse à peine les 3% contre un peu plus de 26% pour les mois de février. Sur les 16 régions du Royaume, celle du Grand Casablanca arrive en pole position. Elle a consommé un peu plus de 541.200 tonnes durant le premier trimestre de l’année en cours. C’est une hausse de plus de 25% par rapport à la même période de l’année dernière. Tanger-Tétouan, avec un peu plus de 455.000 tonnes, se classe deuxième. Elle est suivie par la région de Marrakech-Tensift-El Haouz, près de 390.000 tonnes de ciment consommé. Le Souss-Massa-Draâ et l’Oriental se tiennent presque à égale distance. Leur consommation respective a dépassé les 300.000 tonnes. Rabat-Salé se classe en 6e position, suivie par Doukkala-Abda puis par Meknès-Tafilalt. Ces trois territoires ont dépassé chacun les 200.000 tonnes de ciment consommé. Qu’est-ce qui justifie la boulimie de ces huit régions? D’abord une forte densité démographique. Plus 2,5 millions d’habitants vivent dans le Grand Casablanca. Si on les compare à d’autres territoires comme Laâyoune-Boujdour ou encore Tadla-Azilal, ces régions ont une importante activité économique. La plupart d’entre elles ont d’ailleurs une forte vocation touristique. C’est particulièrement le cas pour les villes de Marrakech, Tanger ou Agadir. De plus, parmi elles, quatre régions ont pignon sur mer où actuellement plusieurs complexes touristiques, notamment, sont en cours de construction. Les plus emblématiques sont les stations de Mazagan (El Jadida), de Taghazout (Agadir)... Stations qui font partie de la feuille de route du plan Azur. A noter cependant que «le ciment mix est principalement utilisé dans la construction immobilière, avec 80% contre 10% pour le BTP», commente le directeur délégué de l’APC, Ahmed Bouhaouli. Les ciments spéciaux, plus résistants, sont utilisés surtout dans les grands chantiers (ponts, autoroutes…). En 2007, l’engouement pour les matières de construction, dont le ciment, a été encore une fois plus grand. «Près de 12,8 millions de tonnes ont été vendues. La région du Grand Casablanca confirme là aussi sa suprématie, avec près de 2 millions de tonnes écoulées», d’après les chiffres de l’APC. Curieusement, le pic de consommation des six premières régions a atteint son apogée en mai 2007. Les mois de grandes vacances, juillet et août, où le marché connaît généralement une plus grosse demande, viennent juste après. Il y a trois ans, le secteur a dépassé le cap des 10 millions. L’accroissement du taux de consommation est passé de 10,4% en 2006 à 12,6% l’année dernière. Plus révélatrice encore, l’évolution de la consommation/hab/an. Elle était de 263 kg en 2000 contre 420 kg enregistrés l’année dernière. Cette hausse de la demande a entraîné une ruée vers l’investissement. Six milliards de DH ont été destinés entre 2005-2007 soit à l’extension soit à la construction de nouvelles cimenteries (voir carte). Et entre 2008-2011, huit milliards de DH seront investis. «La part réservée à la protection de l’environnement oscille entre 10 à15%», selon l’association des cimentiers. Qu’en est-il de la hausse des prix ? «A fin 2007, les prix ont augmenté de 4%: une tonne de ciment vaut entre 1.000 et 1.100 DH», selon l’APC. Une augmentation qui est justifiée par rapport à celle du coke pétrole: il y a deux ans, il coûtait 58 dollars la tonnes contre 187 actuellement. Une chose est sûre: les prévisions des cimentiers écartent toute pénurie d’offres durant 2008. |